Atelier Education à l’égalité fille garçon : un engagement affiché… dans votre dos.

catcheuse

L’APE a pu obtenir de Madame Parpaillon quelques précisions concernant le contenu de la « mallette pédagogique » utilisée lors de l’atelier Education à l’égalité fille garçon : deux ouvrages et un livret de jeux (mots croisés, méli-mélo…).

Les deux livres mentionnés sont édités par la même maison d’édition, Talents Hauts, qui les présentent ainsi sur son site internet :

La catcheuse et le danseur :

Bonnie aime beaucoup de choses, notamment faire du catch. Kim vient de loin et rêve d’être danseur. Les deux amis montent un grand spectacle de catch et de danse, et leurs talents font école. Un éloge de la différence illustrée (sic) avec une patte personnelle et fantasque.

Dînette dans le tractopelle :

Dans le catalogue, les pages roses des jouets de filles sont bien séparées des pages bleues des jouets de garçons. Jusqu’au jour où le catalogue est déchiré et recollé dans le désordre. La poupée Annabelle qui rêvait de jouer au tractopelle rencontre la figurine Grand Jim qui adore la dînette. Garçons et filles partagent enfin leurs jouets et leurs jeux dans un catalogue aux pages violettes.
Une histoire charmante et fantaisiste qui dénonce le sexisme dans les catalogues de jouets.

Il faut croire que « déconstruire les préjugés de genre » ne signifie pas nécessairement se départir de certains clichés.

Talents-Hauts, quelle inspiration ?

Talents Hauts est une maison d’édition fondée en 2005 par Laurence Faron et Mélanie Decourt, qui compte près de 150 livres à son catalogue et clame haut et fort son féminisme.

Mélanie Decourt ne fait pas mystère du militantisme de sa maison d’édition comme en témoigne sa tribune publiée le 29 novembre 2011 dans l’Humanité et intitulée : Une littérature jeunesse engagée, et alors ?

Dénonçant le fait que « Raconter l’histoire d’une princesse qui ne cherche qu’à être jolie pour plaire à un homme promeut une vision sexiste des rapports sociaux, sans donner la possibilité de la contester. Un enfant à qui un parent lit la Princesse au petit pois n’est pas en mesure d’avoir un regard critique sur la représentation du monde et des genres donnée par ce conte. »

Cette tribune s’achevait alors par une étonnante profession de foi : « Oui, les livres de Talents Hauts ont pour objectif d’alerter leurs lecteurs et lectrices sur les problèmes de notre société et de notre monde. Ce sont des livres politiques, voire subversifs, car ils questionnent l’ordre établi des choses. Et c’est tant mieux. » (http://www.humanite.fr/societe/melanie-decourt-sexiste-la-litterature-de-jeunesse%C2%A0%E2%80%89-484633)

Des deux fondatrices, Mélanie Decourt est la plus présente dans les médias, sans doute formée à la communication alors qu’elle dirigeait l’association féministe Mix-cité (de 2000 à 2002).

Dès sa création en 1997, Mix-Cité identifie l’école comme un lieu d’action à privilégier : « Organe de la République qui vise la liberté et l’égalité, l’école semble être le lieu privilégié pour agir. Elle est le meilleur moyen de rendre réelle l’égalité des droits. L’école est aussi un puissant levier de transformation des mentalités. » (Paragraphe « Projet éducatif contre le sexisme » du Bilan 1997-1998 : perspectives » publié par l’association le 1er juillet 1998 – source : http://www.mix-cite.org/archive/index.php3?RefArticle=82).

Le plan d’action à destination de l’école défini par Mix-Cité en 2004 comprend un premier volet à destination des enseignants et un second à destination des élèves eux-mêmes (Cf : un combat féministe et anti-sexiste à l’école. Article publié dans « Les filles et les garçons sont-ils éduqués ensemble ? », Ville école intégration, Diversité,  CNDP-CRDP, n°138, septembre 2004).

Dans un parallélisme quasi parfait nous constatons que « Depuis leur création, en 2005, les Éditions Talents Hauts ont travaillé avec la mission régionale aux droits des femmes d’Île-de-France pour sensibiliser les filles et les garçons dès le plus jeune âge à l’égalité entre les hommes et les femmes. Cela a d’abord consisté en des séances de sensibilisation des enseignants sur les stéréotypes sexistes dans la littérature de jeunesse, puis en 2008, les Éditions Talents Hauts, soutenues par l’inspection académique du Val-de-Marne, en partenariat avec la mission départementale aux droits des femmes et le conseil général du Val-de-Marne, lancent le premier concours « Lire Égaux » (ouvert à toutes les classes de CP-CE1 du Val-de-Marne). Doit-on ajouter une étape de plus en 2013 avec la création d’un atelier « Education à l’égalité fille-garçon » à Paris ?

Dissoute le 28 septembre 2013, Mix-cité Paris affiche désormais sur son site internet un testament en forme d’auto-satisfecit, se félicitant d’avoir pendant 15 ans « contribué à faire bouger les lignes  sur de nombreux fronts dans toutes les sphères de la société :

  • l’éducation anti-sexiste,
  • le partage des tâches dans les couples,
  • la prévention du sexisme et de la gay- lesbo- bi- trans-phobie,
  • la promotion de la mixité dans toutes les filières de formation mais également dans les mouvements féministes,
  • la lutte contre les violences faites aux femmes
  • la réflexion sur le genre et sur les indispensables articulations entre sexisme et gay- lesbo- bi- trans-phobie… » (http://www.mix-cite.org/actualite/index.php3)

Comment des acteurs aussi désarmants de franchise quant à leurs intentions idéologiques ont-ils pu faire leur entrée dans notre école avec une aussi troublante discrétion ?

Si la théorie du genre (concept distinct de la notion d’égalité) doit faire son entrée à l’école, pourquoi ne pas annoncer franchement la couleur ?

Une réunion d’information sur le contenu des ateliers périscolaires s’impose désormais. Il est permis d’espérer que nos interlocuteurs fassent enfin preuve de tact.

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